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| 28 octobre 2009 |
Le conformisme dans les écoles, ça suffit! |
| Par Martine Rioux |
Québec – Mario Asselin, associé chez Opossum, blogueur bien connu et ancien directeur d’école, a profité de la tribune qui lui était offerte lors du Colloque sur la génération C, tenu la semaine dernière à Québec, pour dénoncer le conformisme et la culture du contrôle dans les écoles. |
Pour savoir pourquoi M. Asselin a lancé un véritable cri du cœur lors du colloque du CEFRIO la semaine dernière à Québec, il faut revenir en arrière. Le 7 octobre dernier, il animait une journée de formation auprès d’un organisme culturel de Launaudière à propos du Web 2.0. La formation avait lieu dans un établissement scolaire.
Tout au long de la journée, M. Asselin s’est heurté à des sites de réseautage bloqués par le système informatique de la commission scolaire locale. Au terme de la formation, il remerciait les participants pour leur compréhension, mais se posait de sérieuses questions sur la gestion de l’enseignement dans les écoles.
Les réactions ne se sont pas fait attendre sur son blogue. Il dit également avoir reçu de nombreux appels. Donc, beaucoup de témoignages de gens qui éprouvent des difficultés semblables dans leur milieu scolaire et qui en ont assez.
Quelques jours plus tard, il publiait un long billet sur son blogue pour exposer cinq mythes sur les sites de réseautage social, jumelés à des arguments pour convaincre les commissions scolaires de s’ouvrir au Web participatif.
Bien décidé maintenant à faire passer le message que les écoles devraient éduquer plutôt qu’interdire en matière de technologie, il a offert un vibrant témoignage lors de son passage au colloque sur la génération C, un témoignage qui se voulait « une critique envers le système de l’éducation ».
« Quand j’étais petit, j’avais hâte d’aller à l’école parce qu’il y avait des choses à l’école qu’on n’avait pas à la maison. Aujourd’hui, les jeunes sont mieux équipés à la maison qu’à l’école ».
Mais, il n’en a pas tant contre le niveau « d’équipement des écoles » qu’envers l’attitude qui règne dans les écoles depuis des décennies, qui ne changent pas et n’a pas su s’adapter à la société.
« Tout le monde veut un élève autonome, responsable, silencieux. Tout le monde veut de l’ordre et de la discipline. On veut que les jeunes fassent ce qu’on attend d’eux. Il existe un culte du conformisme dans les écoles. »
« La technologie est entrée dans les écoles, mais la règle de la régulation n’a pas évolué. On n’intégrera pas les technologies dans le contexte actuel. Tant qu’on continuera de croire que c’est normal de placer des filtres informatiques, on n’y arrivera pas. »
« Ça me tue que, depuis tout ce temps, on n’ait jamais valorisé la capacité de l’enfant à s’affirmer et à prendre sa place. C’est dangereux socialement. On se construit en apprenant à s’affirmer. Or, on n’a jamais laissé les jeunes parler. S’il y a autant de jeunes qui explosent rendu au collégial et à l’université, c’est parce qu’on ne leur a pas laissé la possibilité de s’affirmer avant. En dehors du cadre strict de l’école primaire et secondaire, ils découvrent qu’ils peuvent se créer leurs propres repères. »
Si bien des jeunes n’attendent plus de collégial et l’université pour « exploser », comme le dit M. Asselin, c’est qu’à la maison, avec l’accès à Internet et aux outils qui viennent avec, ils découvrent un monde de possibilités. Ils découvrent qu’ils peuvent créer du contenu à leur image. Ils découvrent qu’ils peuvent partager des points de vue et être entendus, ce qu’on n’a jamais véritablement encouragé à l’école.
« Ça ne fait plus leur affaire que ce soit bloqué à l’école. Qu’attendons-nous pour leur donner la parole et les laisser s’exprimer? Ça n’a pas d’allure. Qu’attendons-nous pour leur faire confiance? En augmentant les mesures de contrôle, on étouffe les conditions d’apprentissages. »
M. Asselin a rappelé que les jeunes, même s’ils sont habiles avec les technologies, ont encore besoin des adultes pour les aider à cheminer dans leurs apprentissages. Bien des enseignants se sentent démunis parce qu’ils ne maîtrisent pas bien les technologies, « mais vous n’avez pas perdu votre sens du jugement, vous n’avez pas perdu votre esprit critique, vous savez encore ce que signifie le respect de la propriété intellectuelle ». Ces compétences existent sans la technologie et tous ont besoin de les acquérir.
Bref, il a lancé un appel aux enseignants pour qu’ils responsabilisent les élèves dans leurs usages des technologies et dans leurs apprentissages. « Posez des questions au lieu de donner des réponses. Créez des situations d’apprentissages qui engagent les jeunes pour qu’ils se les approprient. »
Concernant la présence ou non d’ordinateur en salle de classe et leur libre accès, il a rappelé : « Arrêtons de croire que la technologie est une compétition à l’école. Qui a dit que les jeunes, quand ils sont présents physiquement, sont aussi présents mentalement. Il est faux de croire qu’on rejoint tous les jeunes de la même façon. »
Après coup, il a écrit sur son blogue : « Essentiellement, je réalise que c’est le conformisme et l’enseignement par séquences linéaires qui me brûlent, bien davantage que le contrôle à outrance dans les classes et les écoles. »
Réactions
La sortie de M. Asselin a été vivement applaudie lors du colloque. Il a également reçu d’autres témoignages par la suite.
« Pour l’enseignant parfois déstabilisé par l’habileté de ses élèves, le réflexe sécuritaire est rassurant. Alors que confiance, respect et accompagnement sont à la base de nombreuses pédagogies, ce réflexe va à l’encontre de ces valeurs », écrivait Bruno Devauchelle, formateur chercheur au CEPEC de Lyon en France.
Il concluait en affirmant : « Rassurer les enseignants semble être aujourd’hui la tâche essentielle si l’on veut que les TIC soient davantage présentes de manière ordinaire dans les classes. On le constate, de nombreux obstacles réels et imaginaires se dressent face à un tel souhait. Montrer les bonnes pratiques ne permet pas cela, on le sait depuis longtemps, même si cela peut donner des idées. C’est surtout dans le cadre que va proposer l’établissement qu’il sera davantage possible de permettre aux enseignants de véritablement accompagner les élèves… »
Des sites sont-ils bloqués dans votre commission scolaire? Lesquels? Quelles sont les raisons invoquées pour justifier ce blocage?
Avez-vous réussi à faire débloquer des sites dans votre commission scolaire? Avec quels arguments?
Partagez votre expérience avec nous.
En complément :
Parents 2.0 (Colloque Génération C)
Mario Asselin réagit à ce texte sur son blogue: À propos du conformisme et des écoles...
Par Martine Rioux
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 | 5 novembre 2009Sylvain Larose, Montréal J’aime bien la guerre au conformiste…
Je suis pour!
Mais les TICs, c’est une bête étrange…
Auriez-vous l’idée, dans les années 80, de fournir à tous les élèves une télé en classe? Dans les années 30, une radio? Dans les années 1880, un téléphone? Tout ça sous prétexte qu’ils y ont accès à la maison?
Je retiens un des arguments de l’article mais je l’interprétète d’une autre façon: si les jeunes sont hyper équipés à la maison, si c’est pratiquement impossible que les écoles puissent leur fournir autant d’outils TICs, et bien raison de plus pour ne pas compétitionner avec la “maison”.
Je ne fais pas venir 38 élèves dans ma classe pour leur faire faire ce qu’ils peuvent faire chez eux. Justement.
J'aimerais savoir pourquoi vous tenez tant à faire venir 30 élèves dans une classe pour après les laissez virtuellement quitté cette même classe? Les élèves peuvent me dire, non sans raison: "Pourquoi me faire venir à l'école si je pourrais faire cela chez moi?"
Je suis pas sûr d'apprécier un enseignant qui passe son temps à présenter en classe des films que mon jeune pourrait écouter à la maison... Pas plus que ne suis pas sûr d'apprécier un enseignant qui plogue mon jeune sur internet... L'élève s'est déplacé pour venir en classe? On va faire des activités de classe. Si j'ai accès un programme super pertinent qui qui va favoriser l'apprentissage de mes élèves, c'est sûr que je vais m'en servir. Mais un logiciel interactif, pertinent et signifiant, qui ne peut pas être fait seul, à la maison, c'est rare...
Avez-vous déjà donnez à une de classe de jeunes libre accès au web? Je parle ici du secondaire, mais avez-vous déjà été dans un cours à l'université avec les étudiants qui ont accès à leur portable? Est-ce que vous avez vu les logiciels qui sont ouverts? Est-ce que vous pensez que cela aide à l'apprentissage?
Quand je donne accès "libre" au web, j'ai des jeunes qui vont travailler… Mais vous en avez d’autres qui vont faire ce qu’ils font à la maison…
L’école doit résister… Pas interdire les TICS, mais les intégrer, comme on a intégrer la radio, la télé… Pas plus, pas moins.
L’école, c’est avant tout socialiser.
Sylvain Larose
 | 28 octobre 2009Johanne McGuire, Amos Je suis conseillère pédagogique en Abitibi-Témiscamingue. Plusieurs fois, j'ai tenté de visionner des séquences vidéo avec les enseignants, mais ça n'a jamais fonctionné.Je dois donc les mettre sur DVD pour qu'elles soient accessibles.Le fait que des sites soient bloqués nuit grandement au développement professionnel des enseignants.
Merci. |
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