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22 octobre 2009

Le point sur les technologies d’apprentissage à l’école
Par Catherine Houle

Québec - Quels sont les avantages à tirer des TIC à l’école? Comment cela se vit au quotidien? Quels sont les moyens à envisager pour les intégrer? C’est autour de ces questions que s’est déroulée la conférence « MON ENFANT 2.0 : Le point sur les technologies d’apprentissage », tenue à Québec le 2 octobre dernier.

Cette conférence, qui a réuni une cinquantaine de personnes (sur place et en ligne via Twitter) a fait la preuve que l’école doit se moderniser et revoir ses stratégies d’apprentissage si elle veut aller chercher les jeunes et les intéresser davantage.

Génération Internet
Les jeunes d’aujourd’hui sont nés avec une souris dans la main. Tôt, les technologies ont fait partie de leur vie, leur ont permis de développer des réflexes « technologiques » et leur ont appris entre autres à être créatifs, aventuriers, proactifs et à développer des stratégies.

« Ils font très peu de fautes d’orthographe dans les titres de leurs blogues afin d’être bien référencés par Google », exemplifie Mario Asselin, directeur général de la firme Opossum et ex-directeur d’école.

Les jeunes ont aussi été habitués à composer avec le chaos, le désordre. Ils s’y retrouvent et réussissent à établir des liens.

Une enseignante présente dans la salle affirmait ceci : « Nous, on essaie de leur fournir quelque chose qui est très structuré, mais souvent, ils vont contourner cette chose-là. On est un peu déphasé par rapport à ça. »

De plus, à l’adolescence, les jeunes essaient de se positionner par rapport à qui ils sont. Mais comme l’idée de se construire au contact des autres touche à toutes les sphères de leur vie, la quête d’identité de ceux qui sont nés avec Internet passe aussi par la technologie : « Être googlelisé, utiliser Facebook, participer à des forums sont des façons pour eux de socialiser, de montrer qu’ils existent », explique M. Asselin.

C’est d’ailleurs cette catégorie d’âge qui participerait le plus aux forums de discussion, selon François Guité, coordonnateur au Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) au Centre de transfert en réussite éducation du Québec (CTREQ).

Par contre, lorsqu’ils arrivent à l’école, plein d’enthousiasme, leur désir naturel et instinctif semble diminuer avec les années. « Le milieu scolaire cherche à se battre contre la techno, ce qui ralentit les apprentissages », constate M. Guité. « C’est un changement majeur qu’on lui demande de faire ici : s’ouvrir sur les autres », fait remarquer M. Asselin.

Vers une plus grande ouverture
Comment intégrer les technologies à l’école? « Il y a plusieurs façons : certains commenceront par mettre un ordinateur dans le fond de la classe, d’autres utiliseront un tableau blanc interactif…

Mais il faut d’abord que l’école cesse d’interdire l’accès aux technologies – msn, téléphone cellulaire, Internet – et qu’elle exploite les réflexes des jeunes. « Si on pouvait ouvrir les vannes, on aurait un flux d’infos et on pourrait y donner un sens », indique dit Clément Laberge, vice-président chez De Marque.

« Bien sûr, il faut leur apprendre à utiliser les outils, mais toute chose s’apprend », précise M. Guité.

C’est ainsi qu’une intelligence collective peut se développer. Pensons à la richesse de Wikipédia par exemple, qui est alimenté par les internautes. « Les jeunes comprennent que le Web est un merveilleux outil de collaboration, que l’école sous-utilise beaucoup », exprime M. Laberge.

Le milieu scolaire doit comprendre qu’aujourd’hui la connaissance ne passe plus uniquement par l’enseignant, mais par l’individu lui-même. « C’est la personne qui contrôle et qui manipule son apprentissage. Les TIC donnent le pouvoir à l’individu, qui peut personnaliser et gérer ses apprentissages. On n’a plus besoin d’évoluer au même rythme. Bien sûr, l’élève sera évalué sur toutes les matières et il a besoin encore d’être accompagné », explique M. Guité.

Ce dernier pousse encore plus loin sa réflexion : « Pourquoi ne pas leur laisser le choix de travailler sur les disciplines qu’ils veulent si on veut travailler la responsabilisation? De travailler à la bibliothèque, dans un café, dans la classe… On leur laisserait la responsabilité de leur apprentissage. »

Par ailleurs, les conférenciers se sont entendus pour dire qu’il faut que les enseignants se dotent de moyens, qu’ils cessent d’attendre après la formation offerte, mais qu’ils s’autoforment et qu’ils mettent en lien leurs idées, et que le système actuel favorise ces échanges. Il faut plus de matériel : un ordinateur par élève, c’est un outil de travail comme un crayon, il en faut un par élève, et l’élève peut personnaliser son outil.

Finalement, si le milieu scolaire joue un grand rôle social dans l’apprentissage des jeunes, on ne peut pas bien sûr compter seulement sur lui. Il faut que cet esprit d’ouverture vienne aussi de la société, que les citoyens, les parents y participent et qu’ils interpellent l’école.

Pour écouter l’intégralité de la conférence MON ENFANT 2.0, cliquez ici!

Par Catherine Houle




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