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14 octobre 2009

La génération qui communique, collabore et crée
Par Martine Rioux

Québec – Les jeunes de 12 à 24 ans seraient de véritables « bibittes technologiques » que les adultes auraient de la difficulté à comprendre. Les jeunes ne connaissent pas le monde sans la technologie. Les adultes tentent d’apprivoiser la technologie. Les institutions arriveront-elles à suivre les jeunes? D’autant plus qu’elles ont toujours eu de la difficulté à se transformer rapidement.

C’est dans cet esprit que le Centre francophone d’informatisation des organisations (CEFRIO) a entrepris en 2008 une large étude sur les perceptions, les comportements et les usages technologiques des 12 à 24 ans.

Ces jeunes de la génération montante représentent tout de même un million et demi de Québécois nés entre 1984 et 1996, qui sont actuellement sur les bancs d’école et même déjà sur le marché du travail. En fait, d’ici dix ans, ils représenteront 45 % de la main-d’œuvre active du Canada.

« Nous avions étudié les transferts intergénérationnels dans les organisations traditionnelles. Comme vous le savez, il y aura beaucoup de départ à la retraite dans les prochaines années et les postes laissés vacants seront comblés par les plus jeunes. Nous avons voulu en savoir plus sur l’influence de la technologie dans la vie de ceux-ci, afin de comprendre ce que cela impliquera pour les organisations », explique Vincent Tanguay, vice-président innovation et transfert au CEFRIO.

Pour dresser le portrait de ces jeunes, le CEFRIO s’est allié à plusieurs partenaires. Mais, l’organisme ne voulait pas se contenter de publier quelques statistiques au terme de l’étude.

« Le sujet est sérieux et important pour notre société. Nous avons voulu provoquer une réflexion publique à propos de la nouvelle génération, de sa relation avec la technologie et de son impact sur la société », indique M. Tanguay.

C’est ainsi que, les 20 et 21 octobre 2009, quelques 500 personnes sont attendues au Centre des congrès de Québec dans le cadre du colloque international « Êtes-vous prêts? Les 12-24 ans - Moteurs de transformation des organisations ».

Le colloque débutera avec une conférence de Danah Boyd, chercheure à Microsoft Research en Nouvelle-Angleterre, reconnue internationalement pour ses travaux portant sur la culture des jeunes, les rapports entre la technologie et la société, ainsi que les réseaux sociaux.

Puis, à travers des ateliers et tables rondes, les jeunes de la Génération C (pour communication, collaboration et création) seront mis à l’honneur et leurs comportements en matière d’éducation, de travail, de consommation et d’engagement social seront au cœur des discussions.

Des chiffres à prendre en considération
Bien que le CEFRIO dévoilera la grande majorité des résultats de son étude lors du colloque, une partie des résultats sont déjà connus.

Sans grande surprise, on apprend que 91% des jeunes Québécois ont accès à une connexion Internet haute vitesse à la maison, que la moitié achètent sur Internet, que le Web occupe une place importante dans leurs stratégies de recherche d’emploi. Si vous doutiez encore de l’attrait du Web chez les jeunes, sachez aussi que 61% des garçons de 12 à 24 ans naviguent en moyenne 36 heures par semaine, ce qui est considérable.

« Les jeunes d’ici ne sont pas différents de ceux d’ailleurs », fait remarquer M. Tanguay. Selon un sondage d'Ipsos Reid, 59 % des adolescents affirment « ne pouvoir vivre sans avoir accès à Internet ». « La technologie fait partie de leur vie, ils ne peuvent concevoir le monde sans elle. À nous de nous adapter à eux, ils représentent l’avenir. »

Selon lui, il devient évident que les organisations qui interagissent avec les jeunes (écoles, employeurs, commerçants, organismes publics) devront repenser leurs stratégies pour s’assurer de les rejoindre dans leur mode de vie et leurs valeurs.

Par exemple, les résultats de l’étude démontrent que, plus les jeunes utilisent les technologies, plus ils sont actifs dans leur communauté et engagé socialement. On sait que les jeunes ne sont pas enclins à se déplacer aux urnes lors des élections. Il est alors permis de se demander s’ils voteraient en plus grand nombre s’ils pouvaient le faire par Internet.

L’école dans tout ça
La place qu’occupe la technologie dans la vie quotidienne des jeunes fait consensus. D’ailleurs, 75 % des enfants vivant dans des familles qui utilisent Internet avaient entamé l'utilisation de ce médium à l'âge de sept ans.

Il en va pourtant autrement dans les écoles. D’après l’étude du CEFRIO, si 91% des étudiants utilisent un ordinateur pour réaliser leurs travaux à l’extérieur des cours, seulement 13% des élèves du secondaire se servent systématiquement d’un ordinateur en classe (le pourcentage est de 33 % au cégep et de 29 % à l’université).

« Une grande majorité de jeunes perçoivent qu’à peine quelques profs disposent des connaissances adéquates en TI pour les utiliser à l’école », lit-on sur le blogue du conseiller en intégration des technologies éducatives, Mario Asselin.

« En matière de technologie, l’école n’a pas suivi. Rappelez-vous, au début d’Internet, les écoles étaient à l’avant-garde. En 1997-98, pour aller sur Internet, il fallait se rendre dans une école. Rare étaient les foyers qui étaient branchés. Aujourd’hui, pratiquement tous les foyers sont branchés et utilisent abondamment le Web. Les écoles sont toujours connectés, mais l’utilisation demeure marginale », déplore M. Tanguay.

Il se fait quand même optimiste : « Si l’intégration de la technologie semble se faire difficilement dans les écoles, on sent un intérêt de certaines personnes du milieu scolaire pour faire bouger les choses ». Le volet « éducation » du colloque aurait d’ailleurs à lui seul attirer plusieurs inscriptions.

Espérons que le milieu scolaire tendra l’oreille vers les discussions qui auront lieu lors du colloque du CEFRIO, faute de quoi, les élèves risquent de devenir de plus en plus « des corps étrangers dans leur école », comme l’écrit Bruno Devauchelle, chercheur formateur au CEPEC de Lyon en France, sur son blogue.

Au terme de l’événement, M. Tanguay espère que le CEFRIO pourra mettre sur pied trois ou quatre projets d’expérimentation visant à identifier des pratiques modèles qui permettront aux écoles, aux entreprises et aux organismes de s’adapter efficacement à la montée des « C » en tant qu’étudiants, consommateurs, travailleurs et citoyens. Souhaitons que les écoles démontrent de l’intérêt pour ces projets.

L’Infobourg sera sur place les 20 et 21 octobre.

En complément :
-Les parents veulent que leurs enfants utilisent le web
-La Génération C changera-t-elle le monde?
- http://www.infobourg.com/sections/actualite/actualite.php?id=14395
- Pourquoi VOUS devez connaître les « C »
-Quelques résultats de l’étude du CEFRIO sur la Génération C
-Les TIC contribueraient au maintien des liens familiaux et amicaux des individus
Faites le test
Êtes-vous C?


Par Martine Rioux





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